Où est la sémantique dans le web sémantique ?

Résumé de l’article de Michael Uschold « Where are the semantics in the semantic web ? »

  Michael Uschold part du constat qu’il n’y a pas de définition claire de ce qu’est le web sémantique, si ce n’est le but à atteindre : améliorer le traitement des données par les machines en leur donnant accès à la sémantique de ces données. C’est cette notion de « sémantique » que M. Uschold analyse ensuite en définissant un « continuum sémantique » sur lequel se positionnent quatre types de sémantique :

  • sémantique implicite : le sens est tranmis de manière implicite seulement. C’est à partir d’un consensus humain qu’un cadre de compréhension partagé peut ensuite être établi (on avance alors sur le continuum vers la sémantique explicite informelle). Un exemple typique de sémantique implicite est illustré par les tags xml : s’il y a un consensus partagé sur la signification des tags utilisés, il est alors possible de programmer en dur les opérations à effectuer à partir de cette sémantique implicite. Un des problèmes majeurs est alors celui de l’ambiguïté des tags.

  • sémantique explicite et informelle : le sens est explicité au travers d’un document tel qu’un glossaire ou un texte de spécification (exemple : RDF schema, sens des termes du Dublin Core). Un des problèmes posés est qu’à mesure que les implémentations évoluent, ces spécifications peuvent s’avérer partiellement inadéquates.

  • sémantique formelle destinée au traitement humain (cf. logique modale utilisé pour définir la sémantique de termes performatifs)

  • sémantique formelle destinée au traitement informatique : l’idée est ici de permettre aux machines de pouvoir effectuer des inférences à partir du sens des données.

Suite à l’analyse de ce continuum, M. Uschold revient sur le trait caractéristique des applications sémantiques qui est de pouvoir effectuer des traitements en se basant sur le sens des données : la machine doit alors savoir « quoi faire » avec les données qu’elle recontre, mais ceci n’implique pas que la sémantique soit alors explicite ou formelle, puisqu’elle peut aussi être programmée en dur au sein des applications web.  Pour comparer les différentes approches, M. Uschold propose de s’interroger sur les quatre points suivants :

  • Qu’est-ce qui est programmé en dur et qu’est-ce qui ne l’est pas ?

  • Quel niveau d’accord y-a-t-il parmi les différents sites web dans la terminologie utilisée et dans les concepts auxquels une référence est faite ?

  • Dans quelle mesure la sémantique du contenu est clairement spécifiée ? (implicite ou explicite, formelle ou informelle)

  • Les accords sur la sémantique utilisée sont-ils publiquement déclarés ?

Pour conclure, M. Uschold souligne qu’il n’est pas intraséquement meilleur de baser le développement d’une application en se positionnant loin sur  l’axe formel du continuum sémantique : pour de nombreuses applications, il n’est pas nécessaire que les machines aient à déterminer le sens des données utilisées. Plus le niveau d’accord est grand parmi les acteurs, moins il est nécessaire d’avoir une sémantique qui peut-être dynamiquement traitée par les machines.

 

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